programme du Séminaire sur le site du snap CGT
Bref compte-rendu du séminaire :
je suis intervenu dans la table-ronde : "Faut-il des droits d'auteur" pour répondre par l'affirmative et présenter le copyleft + LAL.
La Grande Préoccupation Liminaire des artistes regroupés en syndicats pour faire valoir leur droits c'est : la reconnaissance financière. La rémunération.
C'est ce qui prime avant toute autre considération. Le problème cuisant est là. Comment vivre de son travail artistique ?
Le copyleft fait peur. Il est associé à la perte de ses droits, perte de son statut d'artiste, perte de revenus.
A la présentation de la LAL, j'ai associé un projet de société quand il m'a été demandé de répondre à ces questions vitales de rémunération. L'idée que j'avance est d'instituer un
RevenuMinimumArtistique?. Valable pour toutes personnes, amateurs ou professionnels, qui créent des formes et fait un travail de recherche en art.
Les objets ne peuvent plus être le lieu du revenu direct. Le revenu est indirect via des services, des objets dérivés, etc. Le temps de la création, de la recherche doit être valorisé et rémunéré : c'est le temps qui vaut le coût et va faire l'espace et les moyens de la création.
Exister, c'est exister économiquement. Si les artistes n'ont pas les moyens de leur existance ils ne peuvent exercer.
Il ressort que l'art libre ambitionne des solutions qui mettent en danger les artistes et tout le système culturel présent. Il ne faut pas s'en cacher. Alors que les syndicats d'artistes cherchent à renforcer les droits actuels (comme le droit de présentation quasiment jamais respecté) nous sommes avec la LAL dans une politique de reformulations des droits qui inverse la perspective de la protection. Se protéger de l'emprise propriétaire qui veut maîtriser les oeuvres alors que le renforcement des droits d'auteurs veut faire de chacun un propriétaire qui maîtrise son oeuvre.
Le débat a été assez vif, mais certainement éclairant pour les artistes engagés auprès d'un syndicat. Maintenant, le copyleft est une notion connue et va faire réfléchir.
J'ai pu observer que chez certainement personnes que j'avais pu croiser au début de Copyleft Attitude et qui avaient été effrayées par le copyleft et étaient très rudement opposées à la LAL, la position a changée. Ils ont pu prendre la mesure du libre et ont modéré leur point de vue.
Je pense en particulier au Comité des Artistes Auteurs Plasticiens qui avait fait un numéro spécial anti-copylfet lors des rencontres Copyleft Attitude.
Conclusion : la crainte que représente le copyleft appliqué à la création artistique est on ne peut plus compréhensible dans un contexte de précarité économique. Il n'en demeure pas moins que c'est aujourd'hui le choix politique qui s'offre quand ce qui manque c'est précisément une "politique culturelle".
A l'occasion de ce séminaire une inter-syndicale est née pour faire pression et agir concrètement afin d'obtenir le plus de garanties possibles à ce que les professionnels de l'art exercent leur métier dans des conditions décentes.
AntoineMoreau
CategorieCompteRendus