Compte-rendu de la rencontre du 18 décembre 2003 à l'Apostrophe
Nous avions avancé cette rencontre d'une semaine, car le dernier jeudi du mois tombait à Noël.
Présents : Antoine, Tangui et moi, Olivier a fait un saut. David qui s'était annoncé, on s'en réjouissait, n'est finalement pas venu.
En attendant Tangui, nous avons discuté avec Antoine du cours de la veille au soir, donné par Alain Badiou, à Jussieu. Je me pose des questions sur ses conclusions. Je me demande pourquoi il n'a pas opéré un retour sur Mallarmé qu'il avait pourtant introduit au début, alors que le fil de son raisonnement s'y prêtait si bien. Il s'était concentré sur le processus de métamorphose des corps par un basculement; échange de transcendance. Mais pourquoi son point de vue reste-t-il toujours fixe? Et pourquoi n'envisage-t-il pas un basculement vers l'immanence? Bon, quand j'en aurai le temps, je reprendrai mes notes.
Ce début de discussion n'est sans doute pas sans rapport avec les questions que nous nous posons de façon récurrente sur la dynamique de Copyleft_attitude, sur les suggestions de formalisation de CA en société d'auteurs ou en association, voire même l'idée que CA pourrait être assimilé à un collectif artistique. Oui, parce que quand Badiou parle de la formation des corps, il parle aussi de corps sociaux ou de corps collectifs.
Finalement, nous sommes tous les trois d'accords que CA doit rester un regroupement informel d'usagers de la Licence Art Libre (et même de non usagers ou d'usagers occasionnels), et que s'il s'avère un jour nécessaire de constituer une association pour défendre un cas litigieux, il faudrait la constituer à côté, en satellite, tout comme les autres projets de boîtes de production de musique sous LAL ou de société d'auteurs, peuvent se construire en dehors de CA par des personnes qui par ailleurs, sont plus ou moins investies dans la vie de Copyleft_Attitude.
Par contre, les questions que présuppose l'assimilation à un collectif, donc à une conception esthétique définissable, restent vives. Si c'est la LAL en tant qu'outil juridique qui fédère CA, comme c'est actuellement le cas, il est difficile d'envisager une quelconque cohérence esthétique. Qui, parmi les usagers de la LAL pourrait reconnaître ou défendre toutes les oeuvres produites sous LAL? La diversité et l'inégalité des pratiques peut-elle être revendiquée comme un parti-pris esthétique qui justifierait l'appellation d'un collectif artistique? Pourquoi pas. Mais à quelle condition?
D'un autre côté, il faut reconnaître que le Libre, pensé dans le domaine artistique, a (ou devrait avoir?) bien d'autres implications que dans les domaine de l'informatique ou du document pédagogique, car on est là dans le pur domaine de la représentation ou de l'exemplification, et non de la fonctionnalité ou de l'information. La philosophie de la LAL, si on veut la poursuivre de façon radicale, devrait s'opposer à toutes sortes d'instrumentalisations de l'oeuvre. Là, nous revenons à Alain Badiou, et sur ce lien [Thèses sur l’art contemporain|
http://www.civiccentre.org/SPEAKERS/Keynotes/Badiou.Abstractfrench.html] qu'Antoine avait fait circuler il y a quelques semaines. J'évoque également un texte beaucoup plus vieux, mais très explicite, le
ManifesteArtProl?étarien de 1923 (par Van Doesburg, Schwitters, Arp, Tzara, Spengemann). Puis nous parlons de la différence entre les photomontages de propagande de J Heartfield et les collages de K Schwitters ou de R Haussmann.
Nous laissons mariner la question du
nouveau web en attendant que le Camoa de Romain soit au point. Cette base de référencement devrait apporter une meilleure fiabilité, et surtout elle permettra d'afficher de façon synoptique et plus compète, les tenants et les aboutissants de chaque oeuvre référencée. Les fiches seront donc plus parlantes. Tanguy évoque même la possibilité d'y associer un petit visuel.
Tangui pose aussi le problème de la vérification de ces références. D'une part, quand un auteur demande le référencement d'une oeuvre, il faut vérifier que cette demande est fondée. D'autre part, certaines fiches renvoyant à des oeuvres référencées il y a un ou deux ans comportent des liens qui ne fonctionnent plus. C'est du travail humain.
Encore du travail humain : La deuxième amélioration à apporter c'est de trouver un fonctionnement des news plus réactif qui puisse rendre compte de la vitalité des activités liées à copyleft_attitude. Beaucoup de choses se passent (expos, conférences, nouvelles du monde des licences libres, etc.) qui ne trouvent pas d'écho sur le site mais transitent sur la liste de diffusion. Le problème est moins technique qu'humain. Ce genre de mises à jour représente un travail assez important. Il faut une mini équipe rédactionnelle pour recueillir, sélectionner, vérifier, mettre en forme et valider ces nouvelles.
Pour finir nous faisons le point des différents projets et affaires en cours :
* Tangui suit l'affaire de la
TraductionCreativeCommons? : il faut que nous aboutissions à un accord de compatibilité entre LAL et CC by+sa
* Expo Copyleft au salon des Solutions Linux 2004 : GPLinux, Lolut, et April, proposent des espaces dans leurs stands pour présenter des oeuvres copyleft. Tangui se propose comme commissaire d'expo. Il fera le choix des oeuvres et de leur mode de présentation.
* Autrans 2004 : Désolée, malgré les appels de
ChristopheDucamp?, je n'ai pas trouvé le temps de faire une proposition, et en plus ça tombe dans une période où j'ai des cours. Mais bonne nouvelle, j'ai vu que Mélanie Clément Fontaine y sera pour animer une table ronde sur les aspects juridiques du Libre.
* Autour du Libre 2004 à Brest : Tangui et moi avons chacun soumis un projet de contribution.
* Soirée du 14 janvier prochain à l’Abracadabar organisée par le collectif Sauvages (débats, court-métrages, musique) : Antoine y sera
* Antoine sera Les 18 et 19 aux Beaux-Arts de Mulhouse, et Le 17 et 18 janvier au crac de Valence pour une présentation de Copyleft Attitude et de la Licence Art Libre. De la distinction entre l'objet d'art et l'objet de l'art, du net-art et de l'art du net. (Pour une pratique du réseau en intelligence avec ses acteurs. Rien n'a lieu que le lieu et je est un autre).
* Free EDEM les 21 et 22 février à Bruxelles, invitation de Nicolas Pettiaux d'Aful pour représenter CA et la LAL : puisqu'Antoine ne peut pas, j'irai.
Le solstice d'hiver est proche, les journées courtes, et nous sommes bien fatigués en cette fin de trimestre. Finalement, la Greenbergen c'est pas mal aussi, surtout quand Kamel la sert avec des cacahuètes.
--[Isabelle|
IsabelleVodjdani]
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