Dans culture il y a "culte".
Sans culte, il n'y a pas de culture.
Serait-il laïc le culte, il y est là bien présent. L'Etre Suprême de l'incorruptible révolutionnaire et son nouveau calendrier, histoire de refaire le monde à zéro par exemple. Couic !...
Une religion est d'autant plus prégnante qu'elle ne s'affiche pas comme telle : aujourd'hui, le réseau généralisé est cette religion nouvelle qui procède, non plus d'une transcendance, mais de l'horizontalité immédiate et immanente. Chacun est l'être suprême en phase terminale.
L'a-religion est LA religion.
Ce sont de simples constats.
L'industrie culturelle, captivante et captante remplit le rôle Divin. Le vide a été fait depuis les Lumières, aujourd'hui c'est un trou noir. Il y a vacance pour tenir la place phalique par excellence. Totem sacré qui va sacrifier les officiants pour la plus grande gloire de son propre sacre, le sacre de la Culture Reine et Terrifiante.
Vouons un culte, nous autres, non pas à l'anté-culture, mais à ce qui troue la culture : l'art (qu'est-ce que c'est ?...), la manière de tenir en respect ce qui forme, de lui faire cracher le morceau de gras à la culture épaisse, de lui donner une respiration qui l'envoie un peu en l'air, l'envoyer se promener librement, qu'elle soit copiable, diffusable, transformable par tous ces êtres qui prennent graines et qui la font la culture légère et joyeuse.
Il faut sauver la culture de sa propre chute industrieuse, de son obésité crasse qui la plombe.
Qu'elle soit devenue industrielle, c'est un fait et il n'est pas envisageable de revenir en arrière, mais que cette industrie soit bien portante, en pleine forme et nous avec comme trous dans le gruyère, comme fenêtres dans le mur, comme respiration dans le corps.
Sinon c'est la mort vivante et la volonté de tuer l'esprit que cette culture embrassera (un temps de cerveaux dispos pour décerveler les masses oublieuses d'être critiques).
(tout ça trop vite dit)
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AntoineMoreau